Deux ans que Picardie Pass Rénovation se déploie dans les territoires picards pour faciliter la rénovation énergétique des logements privés. Un challenge que le service public ne pourrait pas relever sans l’adhésion des artisans. Dans un contexte de crise du secteur du bâtiment, Benjamin Bohorel, artisan menuisier, voit en Picardie Pass Rénovation une opportunité durable pour développer son activité.

 

En rendant la rénovation énergétique accessible au plus grand nombre de propriétaires et copropriétaires, Picardie Pass Rénovation cherche aussi à faire levier pour développer un marché régional de la rénovation énergétique, directement profitable aux entreprises artisanales de la région. A date, le service public dénombre près de 400 artisans inscrits sur sa plateforme des marchés. Le quart d’entre eux bénéficient déjà de marchés de travaux, et sont à 93% picards (45% Somme, 26% Oise, 22% Aisne).

Illus_BBohorel_ActusParmi eux, Benjamin Bohorel, basé à Breteuil, dans la Somme. Artisan menuisier depuis 12 ans, il subit de plein fouet les effets de la crise, qui le décide à réorienter son activité vers la rénovation énergétique : « Depuis 4-5 ans, mon atelier de fabrication tourne au ralenti. C’est l’aménagement des combles qui me fait travailler. Je me suis donc concentré sur cette offre, en y intégrant l’isolation thermique. Le sujet m’intéressait, je me suis lancé ». C’est en tant qu’adhérent à la Capeb, qu’il entend parler du Picardie Pass Rénovation. Après avoir suivi une formation sur les marchés du Service public de l’Efficacité énergétique (SPEE), l’éco-artisan est convaincu qu’il y a là une vraie opportunité à saisir : « Les marchés publics, c’est jamais simple d’y aller, entre la lourdeur des démarches et la crainte de se vendre au rabais. Mais là, je me suis rendu compte que les appels d’offre du SPEE étaient vraiment simples. Le dossier n’est pas si dur à monter, et une fois qu’il est transmis, plus besoin de renvoyer à chaque fois les attestations et certificats. Quand je réponds à un marché, je n’ai qu’à envoyer l’acte d’engagement et le devis. » Autre avantage, les marchés du SPEE sont décomposés en lots, qui correspondent à autant de corps de métier : « On retrouve les marchés qu’on a en direct avec les particuliers », souligne Benjamin Bohorel.

 

Un partenariat gagnant-gagnant

Avec ses deux apprentis, Benjamin Bohorel compte quatre chantiers Picardie Pass Rénovation à son actif, et vient d’en signer 4 de plus. Un vrai levier pour développer son activité, et une démarche partenariale dont il tire pleinement parti : « sur les chantiers, les techniciens du Picardie Pass Rénovation sont à l’écoute. Ils veillent aux attentes du client, mais prennent aussi en compte notre expérience. Et moi, j’apprends aussi. C’est un échange enrichissant de part et d’autre. » Un point important pour cet artisan qualifié RGE : « Même si on bénéficie de la crédibilité du dispositif auprès des particuliers, c’est notre réputation qui est en jeu. D’autant plus que Picardie Pass Rénovation est une bonne carte de visite pour se faire connaître et gagner de nouveaux clients. » Prochaine étape pour cet entrepreneur engagé : réfléchir à la constitution d’un groupement d’entreprises pour accéder à des dossiers plus conséquents ; une opportunité à la fois en terme d’activité, mais aussi pour participer au bon déploiement du dispositif, qui manque aujourd’hui de certains corps d’état – notamment des plombiers ou électriciens – sur ses chantiers.

Tourné vers l’avenir et soucieux de se développer d’abord au local, Benjamin Bohorel n’a qu’un mot à passer à ses confrères : « Allez-y, faîtes-leur confiance ; il y a à y gagner, parce que Picardie Pass Rénovation cherche au maximum à privilégier la proximité et la qualité. C’est pour ça que la Capeb se bat pour qu’on se positionne sur ces chantiers, pour qu’ils ne soient pas captés par les grosses entreprises, car c’est notre marché qui est ciblé, le marché du particulier. » A bon entendeur…

Share Button